Jouer de prudence avec les réseaux sociaux | Le pied dans la bouche - La rédaction Web bien mâchée!
Twitter Fil RSS

Jouer de prudence avec les réseaux sociaux

Marilou Cloutier – On se sent comme chez soi, dans ce petit monde virtuel qu’on s’est créé à travers Facebook ou MySpace : nos albums-photos, notre réseau d’amis, nos publications… On en vient presque à oublier qu’on n’est pas en train de visionner des photos dans notre salon avec des copines. Sauf qu’une fois entré dans cet univers enivrant, difficile d’en ressortir. Rapidement, on oublie qu’on ne peut faire réellement confiance à ces réseaux sociaux sur lesquels on vient de s’épancher comme dans un journal intime…


Perte d’anonymat

En 1988 apparaissait le premier outil de discussion multi-utilisateur: l’IRC. C’est par l’intermédiaire du logiciel mIRC que de premiers liens virtuels ont pu se créer de manière inoffensive. Après avoir choisi un pseudonyme du type « Baby.star18 », on entrait anonymement sur un channel. Qu’une seule information était nécessaire et visible: ce fameux « pseudo ». Aucun utilisateur n’était alors en mesure de vérifier si les informations personnelles fournies étaient vraies. Une fois les discussions terminées, on quittait le serveur, sans y laisser de trace de notre passage, tout simplement!

Puis, les réseaux sociaux ont évolué de façon étourdissante, nous faisant perdre sournoisement notre anonymat. Nous avons tous laissé notre trace, à quelques exceptions près, sur ce grand espace que constitue Internet.

Aujourd’hui, la confidentialité ne serait-elle plus un droit? Les réseaux comme Google Plus et Facebook interdisent l’utilisation d’un pseudonyme. En effet, plusieurs comptes auraient été fermés à la suite d’analyses de profils ayant révélé le recours à des pseudonymes. Certaines compagnies iraient même jusqu’à demander aux utilisateurs de dénoncer leurs amis utilisant des pseudonymes. Facebook déclare vouloir ainsi créer « un environnement plus sécurisé et digne de confiance pour les internautes », ajoutant qu’ « utiliser un faux nom ou une fausse identité est une violation de nos principes […] » (Gouritin, 2012). Peut-être, mais nous savons tous que l’objectif réel vise surtout l’utilisation de nos données personnelles aux fins marketing. En effet, plus les réseaux sociaux enregistrent d’informations personnelles concernant nos habitudes de vie et nos choix de consommateurs, plus il devient facile pour les publicitaires de « cibler les clients potentiels qui seront plus sensibles aux messages » (Ricard-Châtelain, 2012).

Tous responsables, malgré tout… !

Bien sûr, on ne peut blâmer uniquement les sites de réseautage social : après tout, c’est nous qui choisissons de divulguer toutes ces informations. Poussés par un certain sentiment égocentrique, certains d’entre nous se bâtissent une image sociale basée sur le nombre de Like Facebook ou de Followers Twitter.

D’ailleurs, Andy Warhol avait déjà lancé, en 1968, qu’à l’avenir, chacun de nous aurait un jour son quart d’heure de gloire internationale (Garriques, 2009); il n’avait pas tort, sauf qu’aujourd’hui, par le biais de Facebook, Twitter, YouTube, c’est à « 15 secondes de gloire » quotidiennes que chacun de nous a droit!

Prise de conscience

Il fut un temps où certains internautes plus inquiets ont bien tenté de se protéger en partageant dans leur statut cette déclaration:

«[…] en raison de la nouvelle politique sur Facebook, je refuse, par la présente, l’utilisation commerciale de mes données personnelles. […] Rien de ce qui me concerne ne devra être commercialisé ou divulgué sans mon consentement écrit.» (A.L., 2012).

Toutefois, une telle publication n’a aucune valeur juridique et ne protège donc en rien les données diffusées sur Facebook. Seule la modification des paramètres de confidentialité en offre un meilleur contrôle.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule raison pour laquelle il est important de restreindre la visibilité de nos informations. Une étude américaine précise que 45% des employeurs iront fouiller les moteurs de recherche pour se renseigner à notre sujet (Fournier, 2009). L’image projetée sur Internet a donc un impact sur notre crédibilité d’employés potentiels : il est préférable de ne pas compromettre ses chances en laissant visibles certaines photos ou publications compromettantes.

Force est de constater que nous ne sommes pas les seuls maîtres de notre destinée virtuelle, et qu’il importe de savoir prendre du recul face aux sites de réseautage social. Et, personnellement, je préfèrerai toujours recevoir mes amies en temps réel, dans mon salon, autour d’un chaleureux café.

Marilou Cloutier | Étudiante en rédaction professionnelle


Sources

Plusone Facebook Twitter Email

0

Laisser une réponse