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Journalistes citoyens : acolytes, pas parasites

Élise Tétreault – Internet ajoute une dimension nouvelle et des plus intéressantes au journalisme traditionnel. Grâce aux possibilités qu’offrent les blogues, notamment, le commun des mortels peut s’exprimer et diffuser de l’information au même titre que le journaliste professionnel, d’où l’expression «journalisme citoyen». Les journalistes professionnels auraient-ils perdu l’exclusivité de l’information. Possiblement? En tant que «chiens de garde de la démocratie», ne devraient-ils pas se réjouir de voir surgir une aide à l’accomplissement de leur mission?


Devant l’immensité de la toile, l’internaute a parfois besoin d’un filtre pour reconnaître le vrai du faux. Les médias se chargent de faire cette distinction pour lui et en ce sens, le journalisme citoyen ne menace pas le journalisme professionnel. Alors où est donc l’intérêt d’une participation de la masse? C’est bien simple, l’accès à l’Internet permet au citoyen de répondre à des besoins de divulgation auxquels le journaliste ne peut répondre par souci d’allégeance.

Objectif : démocratie

L’indépendance du journaliste citoyen à toute entreprise médiatique en fait sa valeur ajoutée. Les journalistes professionnels ne profitent pas d’une confiance aveugle de la part du public, au contraire. Leur neutralité est mise en doute; le public se rend compte que les entreprises de presse pour lesquelles ils travaillent leur soufflent parfois une certaine ligne de conduite à adopter.

Une information sans censure, voilà ce dont peut se vanter le journaliste citoyen, et ce même lorsque la restriction vient de l’État. En effet, en Chine communiste, des défenseurs de la démocratie ont trouvé dans les blogues une arme efficace pour réaliser leur mission, et ce, malgré la censure d’Internet imposée par le gouvernement chinois.

Objectivité vs subjectivité

Le blogue, véhicule important du journalisme citoyen, sert entre autres à exprimer une opinion. Certains diront que c’est ce qui sépare ce type d’écrit des «vrais» articles journalistiques, factuels et objectifs. Toutefois, si la subjectivité est à bannir complètement des médias, alors il faudrait enlever des quotidiens et des magazines tous les éditoriaux, chroniques et critiques. L’opinion bien ficelée, avec un argumentaire fort, amène le lecteur à réfléchir et a, par conséquent, sa place dans les médias reconnus tout comme sur les blogues.

Certains journalistes recherchent même cette subjectivité, comme c’est le cas de ceux en vedette dans ce documentaire diffusé par RDI. Insatisfaits du traitement de la nouvelle des médias, ils aspirent à un art engagé et ne prétendent à aucune objectivité. On ne peut qu’encourager l’idée d’empêcher de restreindre la pensée en montrant plusieurs aspects d’une situation.

Des plateformes de média citoyen

Grâce à Internet, tous peuvent avoir accès à l’information, mais aussi être l’informateur. On peut ainsi profiter de l’expertise d’individus dans certains domaines et fournir un droit de parole à toutes les classes de la société. Devant le phénomène grandissant du journalisme citoyen vers la moitié des années 2000, des plateformes ont été créées pour encadrer la pratique. Les sites comme AgoraVox en France et Cent Papiers au Québec font appel complètement à la participation de la masse pour diffuser de l’information et lancer des débats. Le site bien connu en France Rue89, créé par des journalistes, présente une nouvelle méthode de travail dans le domaine : l’information à trois voix (le journaliste, l’expert et l’internaute). Il s’agit là de la preuve qu’il est possible de faire travailler de paire journalisme et contribution citoyenne pour révolutionner l’information.

Avant que les journalistes n’apprennent la nouvelle et arrivent sur place, seul un citoyen au bon moment au bon endroit a pu capter les images de l’attentat du 11 septembre 2001, qui ont bien profité aux médias télévisuels. C’est aussi ça, du journalisme citoyen. Bien sûr, le prix Pulitzer est encore hors de la portée des citoyens, mais le sentiment de contribuer à la démocratie, lui, ne l’est pas.

Élise Tétreault | Étudiante en rédaction professionnelle


Sources :

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